Installation de 33 grottes en fourrures animales, terre et résine

 

 » Grottes, refuges, œufs, cocons, ce que l’on voudra, pourvu qu’on puisse s’y glisser, engouffrer, cacher ; s’y replier dans la chaleur dense d’une peau de bête, alors que dehors le vent, la sécheresse, le soleil figent la terre aride et poussiéreuse.  On y met la main, un bras, la tête, on voudrait y plonger tout entier. Ces grottes sont faites pour être habitées, mais on pressent qu’elles le sont déjà, avant même que nous y glissions une main. Habitées, tapissées de fourrures animales. D’où viennent-elles ? D’autres lieux, d’autres vies, et chaque grotte est l’histoire d’une pelisse portée jadis, transmise de génération en génération, héritée à la mort d’une mère, retrouvée par hasard comme un talisman oublié.
Des femmes ont choisi de livrer leurs fourrures – encombrantes et si précieuses – aux mains imprévisibles de l’artiste ; manière subtile de continuer l’histoire, la transmission. Découpées, déchirées, recousues, elles renaissent alors sous d’autres formes, elles sont à nouveau ces animaux lovés dans le creux de la terre. »  JOY SORMAN

 

Dessin fusain, pierre noire, calque

 

Exposition « Y laisser des plumes » à la Galerie STUDIO TIEPOLO (ROME) avec Elsa Blin et Laurent Friquet